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Une envie, un besoin, de grands espaces. Ne pas savoir où poser le regard, le laisser fuir au loin,
errer sur l'horizon. Etre submergé par une palette de couleurs intenses, presque irréelles. Ce bleu, il semble faux. Tout comme ces nuances de vert presque fluo. Mais non, c’est bien un
paysage qui s’ouvre sous les yeux. Essayer de retrouver sous mes paupières closes le sentiment de fragilité mêlé à celui de la puissance que l’on ressent alors. On se sent minuscule,
insignifiant, mais cette beauté qui s’offre nous rend invincible, et l’on jurerait que tout est possible, à portée de main. Qu’il suffit de tendre le bras pour cueillir un nuage, ou de s’allonger
dans l’herbe pour se fondre dans le paysage. Une main dans la mienne, deux peaux qui rentrent en contact et s’électrisent, partage l’émotion. On veut communiquer ce sentiment de puissance, mais
aussi se réconforter dans sa solitude face à tant d’espace, tant de possibilités, tant de grandeur. Une main dans la mienne, qui me fait sentir que tout reste possible, à deux. Et soudain cette
main éclipse le paysage, les couleurs. Elle devient ce qui compte. Les sensations de mon corps ne prêtent plus attention qu’à cette main chaude dans la mienne, à ce corps à côté du mien, à nos
doigts qui s’entrecroisent. Ta paume contre la mienne, tes doigts entre les miens. Nos regards furtivement se croisent. Mon regard dans le tien, tes yeux dans les miens. Un court instant, je me
détourne du paysage extérieur. Et finalement je lui reporte attention. La palette des couleurs est toujours aussi éclatante, et le paysage toujours à couper le souffle. Mais j’entends aussi le
piaillement des oiseaux, le bruit du vent dans les branches. Je sens la caresse du vent, la chaleur du soleil, et ta main dans la mienne. Et on fait partie du monde.
Choux... Et j'aime beaucoup la conclusion, cette idée que c'est l'autre qui te fait intégrer le monde. <3
Merci!
Je crois que l'idée philosophique de l'autre qui nous fait intégrer le monde a été développée notamment par Alexandre Kojève dans son Introduction à la lecture de Hegel, mais plus axé sur le désir (je désire quelque chose parce qu'il est désirable aux yeux d'autrui et ce désir me permet d'exister)... Lointains souvenirs de mes cours de philo de terminale, mais oui, j'aime bien cette idée ^^