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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 22:54

Chute de Montmorency  J’aime faire des bulles de savon quand je me lave les mains. Ça a un côté drôle, enfantin peut-être aussi, mais surtout un côté magique. Avant de rincer le savon, je souffle dans mes mains pour en faire des bulles. Je n’arrive pas toujours à les faire s’envoler, mais je fais des bulles qui partent de mes mains, se gonflent et se parent de reflets irisés. On y voit toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. La bulle est limpide, transparente. Rien à cacher, tout est là. Pourtant, à voir leur peur de s’envoler, on les devine timides. Seules les plus téméraires partiront à la découverte du vaste monde – enfin des abords du lavabo. Elles virevolteront jusqu’au sol. On a beau dire léger comme une bulle de savon, celles qu’on fait à la main sont irrémédiablement attirées par le sol où elles finissent par éclater, si elles n’ont pas heurté d’obstacle avant.

 

Mais revenons à l’origine de la bulle de savon, au souffle qui la crée et même encore avant, au robinet que l’on ouvre. Cela peut être un mitigeur, deux robinets – avec lesquelles on galère pour avoir une eau à une température correcte dans le cours laps de temps que dure le lavage de mains –, un capteur devant lequel on passe la main. L’eau arrive d’un coup et coule en un filet clair. On passe une main sous l’eau, puis l’autre. Un mouvement de va et vient pour que les deux mains soient complètement mouillées ; éventuellement des mains en coupe pour en recueillir davantage. Puis on arrête l’eau, une main appuie sur le distributeur de savon que l’autre récupère ; ou on appuie avec les doigts ou le poignet tandis que la paume se creuse pour attraper le savon ; ou bien même on se saisit d’une savonnette que l’on frictionne. Dans le cas du savon liquide, la substance est douce, quoiqu’un peu visqueuse. Les mains se referment l’une sur l’autre. Le savon s’étale et commence à mousser sous l’effet de la friction. Le liquide transparent blanchit, de petites bulles apparaissent. L’eau et le savon se mélangent. Il ne manque qu’un souffle. Mais de même qu’une voile affalée ne prend pas le vent, il faut tendre la pellicule de savon pour permettre à la bulle d’exister.

 

On ferme le poing, puis on déroule doucement les doigts le long du pouce, en finissant avec l’index ou le majeur sur le pouce pour fermer un cercle qui tend la pellicule de savon. Celle-ci, bien que transparente, brille déjà. Le savon glisse sur la surface et dessine des motifs abstraits. Ensuite, il faut souffler. Suffisamment pour que la bulle se gonfle, suffisamment doucement pour ne pas la faire exploser immédiatement. Une bulle peut s’étirer, mais pas trop vite. Elle est timide, prend son temps. Plus ou moins ronde, plus ou moins régulière, elle se déploie néanmoins en dehors de la main, se gorge de lumière. Bien que transparente, elle brille et remplit l’espace. L’espérance de vie d’une bulle de savon dépend du souffle qui la crée. Il arrive un moment où l’on se retrouve à bout de souffle, et à ce moment là la bulle se dégonfle ou éclate. Certaines bulles, de composition plus fragile, exploseront de toute façon, à un stade plus ou moins avancé. Il arrive que les bulles refusent de se gonfler et meurent dans un pop à peine audible à peine sorties de la main de laquelle elles sont nées. D’autres bulles se gorgent d’un résidu de savon dans leur fond qui les leste. Lourdes de savon, elles ne s’envoleront jamais. La bulle est un savant équilibre d’air et de savon, qui quand il est réussi semble magique.

 

Un petit coup de poignet force la bulle à se refermer, à devenir réellement ronde et à s’envoler. Les bulles que l’on fait à la main ne s’envolent pas dans les airs, portées par le vent. De toute façon, il n’y a pas de vent dans une salle de bain. Mais elles virevoltent et tourbillonnent gracieusement jusqu’au sol. On suit leur course, leur chute inéluctable du regard. Elles brillent, laissent voir à travers elles mais remplissent pourtant l’espace. Certaines échouent sur le sol, d’autres se cognent sur les objets environnants. Celles qui cognent le miroir éclatent au contact de sa surface froide le perlent de petits éclats de savon, vestige d’un moment de magie évanoui.

 

Car vient un moment où il n’y a de toute façon plus assez de savon pour continuer ; alors on rallume l’eau et on laisse couler l’eau claire sur ses mains pour chasser toute trace. Seul reste un éclat dans le regard, et un coin de sourire d’enfant.


Par Audrey Leroux - Publié dans : Mes textes - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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Commentaires

"Mais revenons à l’origine de la bulle de savon, au souffle qui la crée et même encore avant, au robinet que l’on ouvre." Et de ce robinet coule de l'eau. De l'eau composé en partie de celle de la Seine... Vous savez que ...

OUI Drey, on sait et s'en fou toujours autant ! ;)

 

Ah non, c'était pas ça la suite du texte ? Pardon, c'est mon esprit qui divague. "Vague". Pardon, faut croire que vos bétises à toutes les deux me manquent... Et puis après tout, si tu ne voulais pas que je fasse la gamine, fallait pas écrire un texte si enfantin ! :D

Bisous

 

PS: évidemment, le FB like, c'est le mien !

Commentaire n°1 posté par Raph le 11/03/2011 à 15h13
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