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Une fois n’est pas coutume, je vais faire un billet d’expat (bon, ok, j’en ai déjà fait plein) et je vais m’intéresser au paradoxe du Carambar. Vous pouvez aussi prendre la
boîte de Haribo, ça marche aussi.
Les Carambars, j’en mangeais de temps en temps quand je résidais sur le territoire français. Aux anniversaires surtout. C’était le bonbon des anniversaires. Parfois aussi, on m’en proposait un, que j’acceptais avec plaisir. En écrivant ça, je réalise que je pense que je vais commencer à militer pour que l’on remplace les clopes par les Carambars : pause Carambar, c’est stylé. Je t’offre un carambar ? On retrouve le côté social et le partage, l’effet communautaire « oh, moi, tu sais, je ne les prends qu’au caramel ; oui, je suis comme ça ». Et puis on peut aussi partager les blagues Carambar, et ça, ça n’a pas de prix. C’est un peu comme les questions de culture gé dans les apéricubes, en moins intellectuel. Mais je m’égare.
Je disais donc qu’il m’arrivait de prendre un Carambar de temps en temps, mais que ça restait quand même assez rare, peut-être aussi parce qu’il n’y avait quasiment pas de bonbons à la maison (autrement que pour les anniversaires, vous devez commencer à suivre). Pourtant, quand je suis arrivée à Hong Kong, j’ai succombé au paradoxe Carambar.
Petite mise en situation : vous arrivez en pays étranger, pour y vivre. Au début, c’est cool, il y a plein de nouveaux produits inconnus dans les magasins, soit à peu près autant de possibilités de tests et de nouvelles découvertes (pas tout à fait, car il y a des choses que vous ne voudrez jamais tester). Après quelques de nombreux essais infructueux (comme le durian pour ne pas le citer), vous voyez votre horizon de choix se réduire. C’est à peu près à ce moment là que vous commencez à regretter vos repères culturels, qui vous permettaient de trouver votre bonheur dans n’importe quel supermarché, y compris un Petit Casino au choix très limité. Vous commencez également à regretter des produits typiquement français, qui sont soit simplement hors de prix (au premier rang desquels le fromage, pour lequel le choix est généralement inversement proportionnel au prix), soit simplement introuvables. Dans cette deuxième catégorie, vous trouvez notamment la bonne baguette fraîche, tendre, et qui croustille juste comme il faut, la charcuterie, le chocolat (noir particulièrement) et… les Carambars. Non, ne vous inquiétez pas, je garde mon sujet bien en vue.
Ce dernier élément peut paraître saugrenu, mais cela n’en reste pas moins un constat implacable. Demandez à un expatrié – appréciant le sucré, cela va de soi – ce qu’il veut que vous rameniez de France lorsque vous venez le voir, il y a de forte chance qu’il vous demande un paquet de Carambar. En France, il n’aurait sans doute pas acheté de paquet de Carambars, mais à l’autre bout du monde, le Carambar vient à manquer. On devient nostalgique de ce petit morceau de caramel, et c’est un vrai plaisir que de se retrouver à manger un Carambar à l’autre bout du monde, à lire la blague pourrie (une blague Carambar quoi) [oui, parce qu’on ne peut pas non plus se reporter sur les questions des Apéricubes, cf ici] et à penser à tout ce qui nous manque culinairement. Il est en effet plus facile de ramener un paquet de carambar qu’une baguette, du pâté, du saucisson ou un St Félicien crémeux.
Exprimé en une phrase, le paradoxe Carambar donne quelque chose comme « Alors qu’on n’en mangeait quasiment pas en France, le Carambar devient à l’étranger tout un symbole ». Non, vous ne rêvez pas, je suis bien en train de disserter sur les Carambars.
Il serait cependant injuste de ne pas mentionner dans cet article le drame qui ne manque pas d’arriver au retour en France, quand on se rend compte que certains produits testés là-bas sont quasiment introuvables en France, à part dans certaines boutiques spécialisées (qui en profitent pour fixer leur prix) et commencent à nous manquer terriblement au bout de quelques semaines. Parce que oui, on fait aussi de bonnes découvertes.
Mon palmarès :
Hong Kong : les mochi ice, les mangues séchées, les patates douces séchées, les pocky à la salade, les dim sums, et l'ice tea poire-miel
Montréal : cookies Le choix du Président, les ingrédients du cheesecake, la crème de blé, les mini cupcakes, les donuts et les brunchs :-)
Et la viande rouge Drey ! La bonne cote de boeuf au barbecue bien saignante... Faut pas l'oublier celle-là !
Quand aux cupcakes je peux t'en ramener au besoin :D
PS : parce qu'il faut qd meme le dire : j'adore le paradoxe (moi c'est le camembert, jamais mangé autant de camembert qui est loin d'etre mon fromage préféré qu'ici...) et ton article !
La viande ne me manque pas tant que ça en général. J'arrive à trouver mon bonheur et je ne suis pas une grande consommatrice de viande. Le camembert en revanche <3 <3 <3